Partie I

 

 

L'art est une catégorie culturelle dont la portée varie largement selon les temps et les lieux. Dans l'usage courant, elle englobe principalement les produits de ce qu'on a appelé les beaux arts: peinture, musique, poésie, danse, sculpture etc. La conception de l'art comme production d'objets qu'on s'accorde à trouver beaux, ou du moins stimulants pour les sens, remonte tout au plus au XVIIIe siècle. Le mot « art » qu'on emploie en français, dans la plupart des langues romanes et aussi en anglais, vient du latin ars qui signifiait habileté, métier, connaissance. L'équivalent allemand Kunst vient aussi de connaître et dans les langues slaves iskustvo dénote aussi l'habileté technique. L'ancien terme grec technè a eu de même une signification d'habileté mais il a évolué vers la signification contemporaine de technicité. Aujourd'hui l'art sous entend une intention artistique dont la présence aux temps et lieux éloignés est purement spéculative.

 


 

Exprimer des sentiments

 

  

              « La musique est l'expression du monde intérieur de l'homme issue du monde extérieur » à dit John Blacking. En effet, la musique, et en plus général toute forme d’art, permet une expression libre et personnelle : il est donc possible de changer l’humeur d’une personne au moyen d’une mélodie bien choisie.

Prenons un exemple : en musique classique, on parle d’adagio pour un mouvement compris entre lento et l’andante qui signifient « lent » et « en marchant » et est caractérisé par une symphonie douce et triste, et même parfois funéraire. A l’opposé nous pourrions situer la pop, menée par des artistes comme Mickael Jackson ou Abba. Ce type de musique est considéré comme un genre joyeux et entraînant : utilisé en boîte de nuit, elle permet une ambiance festive et un aspect divertissant.

         

 

            

            La création de sons est commune à tout être vivant ; elle ne nécessite aucun environnement particulier, ne présente aucun inconvénient et peut naître à partir de n’importe quoi. Dans la rue, nombreux sont les gens qui peuvent être amené à siffler, à fredonner, à chanter etc… C’est ça qui attire dans la musique, elle est libre et personnelle : un moment de notre vie peut-être lié à une musique qu’elle soit heureuse ou triste. Combien d’individus, une fois rentré de leur travail, mettent leur CD préféré dans leur chaîne hifi ? On dit souvent que la musique adoucit les mœurs, cela implique qu’elle a une influence sur le tempérament des gens. Mais cette propriété ne s’exprime pas de la même façon : une personne énervée pourra se calmer en écoutant quelque chose de doux comme une chanson des Beatles, ou alors se défoulera en écoutant une chanson énergique comme AC/DC. Certains chercheront dans la musique une espèce de compréhension, c’est-à-dire un rythme, une mélodie traduisant leur émotion ou une sensation alors que d’autres iront trouvés l’expression d’un sentiment contraire aux leurs.

Je m’explique : un individu triste ou mélancolique, pourra écouter un morceau triste qui lui permettra une meilleure analyse de son chagrin, ou alors essaiera de l’oublier en écoutant un morceau complètement contraire qui lui redonnera goût à la vie. Enfin quelqu’un qui pratique un instrument de musique ne jouera pas les même choses selon son humeur actuelle ce qui peut expliquer les différences d’ambiances entre deux albums du même artiste : -ainsi, Pete Doherty, leader du groupe Babyshambles, sorti deux albums qui sont complètement différents. Le premier est un CD énergique reflétant sa colère de l’époque sur son renvoi du premier groupe qu’il a créé ( The Libertines ) alors que le second est bien plus mélancolique traduisant les troubles dans lesquels l’on plongé drogues, peines sentimentales etc..

                                  -Ray Davies, du groupe The Kinks, produisit plusieurs albums assez rock alors que d’autres seront bien plus doux car il en composa les chansons a différentes étapes de sa vie victime des aléas de la gloire. Comme dernière exemple de contraste entre deux œuvres d’un même auteur, Street Fightin’ Man n’est pas comparable à Angie alors qu’elles ont toutes deux été composées par Mick Jagger et Keith Richards, l’une étant une déclaration d’amour à une fille et l’autre peignant les troubles de la société de la fin des années 60 où beaucoup de jeunes affrontent les forces de l’ordre dans les rues anglaises ou françaises.

         

 

            

            Les instruments utilisés sont aussi différents : là où la musique classique privilégiera le piano et les instruments à vents ou à cordes, la pop musique mélange le plus souvent des instruments électroniques mélangés à différents effets comme le synthétiseur, les guitares électriques, la batterie et des effets tels que l’overdrive ou « gain », la réverbération du son ou, même, des effets préenregistrés et traités à l’ordinateur. Le blues est surtout caractérisé par les guitares acoustiques ou électriques. Ce style de musique ouvre sur un autre aspect : la répétition d’un motif musicale pour un même style de musique. Ce style de musique se caractérise par un riff de guitare que ses adeptes tels que Muddy Waters, Buddy Guy ou Ry Cooder inventèrent. Chuck Berry, Lou Reed et Elvis donnèrent les bases du rock’n’roll dont s’influencèrent beaucoup les groupes qui suivirent (The Rolling Stones, The Doors, Led Zeppelin…) au moyen d’un rythme accéléré du blues en ajoutant par-dessus une guitare «  solo » plus tournée vers le côté mélodique. Le rap va s’articuler surtout autour de la batterie, on recherche un rythme car ici la musique est un faire-valoir de la voix, c’est la recherche d’un rythme sur lequel se caler. La rage du rappeur sera mieux mise en relief par un rythme rapide, alors qu’un rap tourné vers un trait de société qui déçoit ressortira mieux sur un rythme lent où les vers seront plus courts.

De plus un évènement peut souvent être assimilé à un lieu selon son ambiance : un enterrement sera assimilé à une musique funéraire, « La Marche Funèbre »de Chopin par exemple, alors que lors d’une fête on s’attend à entendre des musique rythmées, faciles à dansées et plutôt joyeuses, dance, rock’n’roll, electro…

Nous avons tous, à un moment ou à un autre, écouté en boucle une mélodie, comme si elle incarnait l’anthème de nos journées. Et, a chacune de nos phases, - gaité, nostalgie, espoir ou mélancolie-, viennent se mélanger des pièces musicales parfois sans paroles, qui subliment notre existence, ou parviennent simplement à donner du sens ou à surligner ce qui est indicible. Car ce que les mots ne parviennent à exprimer, les notes et les portées le peuvent parfois. Tonalités, paysages musicaux et émotions, tout s’entremêle parfois en une symbiose qui nous étonne nous même.

 

         

 

            La musique devient notre compagnon familier, celle qui se trouve près de nous à chaque instant, et vient surligner le sens de notre existence, nos choix. Peu importe quel type de musique que l’on écoute, finalement, ce qui compte, n’est pas tant le genre, mais plutôt la qualité d’émotions ressenties derrière, le sens que l’on injecte à chaque bouffée musicale.

Cultiver son spleen, à la limite de l'extrême déprime, en essayant de ne pas tomber dedans.

"Est-ce qu'on écoute des musiques tristes parce qu'on est malheureux ou est-ce le fait d'écouter des musiques tristes qui rend malheureux" disait à peu près le poète/marchand de disque Rob Gordon.

La musique est un moyen d’extériorisation, elle permet d’évacuer un traumatisme (mort d’un proche, échec sentimentale, coups durs en tous genres…). On peut alors parler de musicothérapie: Pythagore a sans doute été l’un des premiers musicothérapeutes. Il considérait en effet la musique comme l'expression de l’harmonie dans l’Univers. Il professait dans son enseignement que l’étude de la musique et celle de la mathématique étaient de la même importance !

Durant les Mystères grecs, on utilisait la musique et les chants pour provoquer des changements d'état de conscience, et les guérisons s'ensuivaient.

Souvenons-nous encore que dans la mythologie grecque, Orphée descend aux Enfers pour y chercher son épouse : il réussit à convaincre Hadès d’inverser le processus de mort en jouant de la Lyre.

La musicothérapie dit réceptive est pratiquée par l’écoute de musiques sélectionnées selon les effets recherchés pour le patient par le musicothérapeute. Chaque partie du corps à une correspondance dans l’oreille interne… La conséquence immédiate de cela, c’est que notre façon d’entendre doit être modifiée par nos problèmes de santé, par les ennuis organiques ou psychiques... »

 

 

 Exemple de musique

I got the blues - The Rolling Stones

Cette chanson typée blues, parait en 1971 sur l’album Sticky Fingers. Elle se caractérise par une ambiance sombre, mélancolique et douce. C’est sur cette mélodie que Mick Jagger choisit de raconter l’histoire d’une femme qui aime de moins en moins son mari alors que lui «  brûle dans ses flammes ». Un autre colle bien à l’ambiance : «  je me sens abattu et triste ».

Voici donc un bon exemple de musique adapté à un sentiment la mélancolie, thème récurrent en blues. Le rythme et lent, la musique sombre, la voix est une complainte, l’émotion qui s’en dégage est donc une émotion triste.

 https://www.youtube.com/watch?v=hgF-PRY96Is

 

Beat It - Michael Jackson

Cette chanson tirée de l’album thriller 1982, présente un rythme entraînant, énergique et dansant. Le roi de la pop développe donc un texte basé sur un événement énergique : une dispute entre plusieurs personnes. L’auteur conseil donc de se « casser » (Beat It en anglais) avant que les choses ne dégénèrent. Il a donc profité du riff de guitare puissant auquel se rajoute de la réverbération, et du tempo rapide de la chanson pour développer ce moment d’agitation en déployant une voix rythmée pigmentée d’un brin de colère.

https://www.youtube.com/watch?v=Uqxo1SKB0z8


 

Le rôle de l'histoire au 20e siècle.

 

Rock, Blues

           

     L'art musicale ne peut être dâté. Il a traversé les âges sous différents fortes et en ayant différents buts: on l'a vu regrouper des croyants dans des sites religieux, des armées sur des champs de batailles et même des nations entières à travers les hymnes propres à chaque pays. Lors du dernier siècle, l'humanité à connu nombre de chamboulements; les premières guerres mondiales, la naissance et la mort de l'idéal communiste et la création de mouvements articulés autour de la musique.

            

           

             Revenons au début de XXème siècle: en pleine industrialisation, la france et l'allemagne se préparent à une guerre après que le Reich se soit approprié l'alsace-lorraine et finit par y emmener toute l'europe. Jusque là pas trop de rapports avec la musique. Le blues commence à se développer dans les champs de coton du delta du Mississippi, le plus souvent sous forme orale accompagné d'instruments rudimentaires. Après les premiers affrontements mondiaux, l'industrie du disque fait son apparition. Mais c'est après la seconde guerre mondiale que le blues prend un virage décisif amorcé par l'apparition de l'amplificateur pour guitare et l'utilisation de plus en plus fréquente de l'harmonica qui permirent de révéler certains des plus grands artistes de blues tels que Muddy Water ou Howlin' Wolf.

C'est cette forme du blues qui donnera naissance dans le début des années 50 au rock'n'roll. Ce nouveau genre qui prend racine dans le blues, le gospel, le rythm'n'blues et le swing jazz est caractérisé par une mélodie vocale dominante, souvent accompagnée par une (ou plusieurs) guitare électrique, une guitare basse et une batterie, mais peut également être accompagné de cuivres ou autres instruments. C'est à partir de ce style que la musique va devenir décisive dans la société: le rock est une vraie philosphie avec sa dominance culturelle, du cinéma aux bandes dessinées en passant par la mode vestimentaire. Ses principaux leaders sont tous dabord Américains: Elvis et Chuck Berry. Là, déjà, s'amorce un changement dans la société avec ce concept de " spectacle ". En effet sur scène le " King " est indécent, insolent et bafoue les limites de la pudeur. Petit à petit le rock devient contestataire: alors que les premiers textes étaient surtout écrits sur des évènements festifs (souvent à connotation sexuelle), Bob Dylan contribue à donner à cette musique un certain engagement. Mariant la poésie surréaliste à l'engagement du mouvement folk (Woody Guthrie puis Joan Baez, Pete Seeger), il devient le chroniqueur de sa génération, abordant sans crainte des thèmes politiques et sociaux. Son impact sera décisif des deux côtés de l'Atlantique.

        

            

            Aux États-Unis, les protest songs expriment le rejet de la guerre froide ou de l'engagement militaire au Viêt Nam ( The Unknown Soldier-The Doors ) tandis qu'au Royaume-Uni, John Lennon livre des textes plus personnels et recherchés. Le rock devient à la fois un mouvement artistique, qui acquiert une légitimité intellectuelle, et un courant de « contre-culture ». Cette tendance connaît son apogée avec les grands festivals de la fin des années 1960 : à Woodstock ou sur l'Île de Wight des centaines de milliers de jeunes se rassemblent pour partager à la fois une passion pour la musique mais également une vision du monde en rupture avec les normes établies. Qui sont ces gens? Les premiers hippies bien sur. Ce mouvement articulé autour du slogan " Peace and Love " est le premier véritable mouvement qui naquit de la musique. Cherchant ses leaders à travers les Beatles, Jimi Hendrix ou encore Jefferson Airplane, ils se caractérisent par leur rejet du mode de vie de leurs parents. Ils sont contre l'engagement au Viet Nam des américains, contre la guerre froide, renie les tabous autour de la sexualité et rejette société de consommation et soumission au pouvoir médiatique. C'est la génération psychédélique.

        

           

             Le rock psychédélique est souvent relié aux psychotropes et au développement de la créativité. Les morceaux durent souvent plus d'une dizaine de minutes et l'instrumentale y a une grande importance (Voodoo Child-Jimi Hendrix live a Woodstock ). Ce mouvement se généralise au Royaume-Uni à travers les premiers concerts de Pink Floyd, la formation de Cream ou encore l'album Revolver de The Beatles. Mais c'est avec l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band de ces derniers que cette influence devient manifeste pour le grand public. Cette tendance favorise le retour en force des groupes américains tels que The Byrds ou The Doors. L'œil du cyclone se situe néanmoins toujours au Royaume-Uni.

        

            

            De nouveaux courants voient le jour avec notamment le rock progressif de King Crimson, Emerson, Lake & Palmer, Genesis ou Yes qui introduit des éléments issus du jazz et de la musique classique ou le heavy metal dont les prémices se font sentir dès 1966 à travers les riffs de guitare saturés de Cream ou Jimi Hendrix, et qui naitra véritablement avec Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath ou encore Blue Cheer. Apparaissent alors les premiers artistes dit " rebels " comme Jim Morrison, Janis Joplin ou John Lennon dont les morts en font des idoles interplanétaires et participent à une certaine mystification de la rock star qui se rapproche de la devise " sex drugs and rock'n'roll ". Sur le plan vestimentaire le rock psychédélique met à la mode les chemises bouffantes, les longs voiles, les vêtements pendants, les bandeaux, les lunettes rondes et surtout les cheveux longs jusqu'ici inimaginable pour un homme.  

Mais l'aspet peace and love n'est pas le seul, on constate de multiples émeutes et manifestations violentes en europe particulièrement en Angleterre et en France en 68. L'arrivée du rock plus brut avec les Rolling Stones et leur " Street Fighting Man " en est le principale témoin. La jeunesse se retrousse les manches devant ce monde aux aboies. Leo Ferré chantait " Ni Dieu Ni Maitre " et " Les Anarchistes " en Mai 68 pendant que les affrontements entre force de l'ordre et manifestants s'accentuent. C'est dans ce mal-être des étudiants que nait le mouvement le plus représentant de l'engagement musicale dans la société: le mouvement Punk. Le meilleur exemple de ce style est le groupe Anglais, " The Sex Pistols " qui iront jusqu'à chanter leur célèbre " God Save the Queen " insultant la reine en face du parlement britannique. Les britanniques enterrent leur statut de grande puissance. Ils sont le No Future d'une génération qui n'a plus rien à perdre. L'idéologie communiste a sombrée, le rêve arien ayant donné naissance à des massacres sans nom, le nouveau rêve est l'anarchie. Plus d'état, plus de prison, plus de lois, juste l'Homme livré à lui même. Cette même anarchie est présente dans leur musique, le punk c'est le bordel. Une rythmique simple, un accent russe pour le chanteur, un bassiste qui joue n'importe quoi... le message est clair, il faut tout changer. Une des ambitions principales de ce mouvement est de permettre à quiconque de s'exprimer via la musique celle-ci n'étant à l'époque que réservée aux virtuoses. Sid Vicious, bassite du groupe, devient LE martyr Rock'n'roll. Symbol du sado-masochisme ( il présentait toujours des mutilations sur le torse qu'il s'était lui-même infligées ), et de la déchéance ( héroinoman il décède à l'âge de 22 ans ). Il est l'exemple même de cette jeunesse qui ne se retrouve pas dans la société de l'époque. Après les Pistols, les Clash prennent le relais. Cette fois-ci le punk devient un style de musique vraiment développé, innovant, et d'un niveau musicale qui est loin d'être mauvais. Leurs textes parlent toujours de ces mauvaises relations entre l'état et le monde étudiant ( All the Young Punks, London Calling, London's Burning... ), de la stupidité de la guerre ( Tommy Gun ) etc... Le style vestimentaire est ici encore fortement influencé: blousons en cuirs, bracelets à clous, cheveux sales, t-shirts provocants et étention de l'héroïne. 

        

 

            En parallèle, aux Etats-Unis, les années 70 voient la disparition du rêve hippie. Cette désillusion, associée à une marchandisation exponentielle de la musique donne naissance à un courant embrassant les contradictions de son époque en proposant une image glamour et décadente : le glam rock. Sous le strass et les paillettes de leurs costumes androgynes, David Bowie, T. Rex, Sweet, Roxy Music, Elton John, Gary Glitter, Slade ou même Queen proposent un rock théâtral et baroque, marquant également un retour à la spontanéité du rock n' roll, avec des morceaux plus courts et rapides que ceux du rock psychédélique. Facilement dansable, le glam rock aura beaucoup de succès dans les palmarès avec des titres comme Bang A Gong (Get It On) de T. Rex ou Rock N' Roll(Part 1) de Gary Glitter entre autres. On note ici une certaine disparition de la honte sur l'homosexualité (Freddy Mercury et Elton John sont tous deux homo sexuels). David Bowie n'hésite pas à apparaitre sur scène vêtue de vêtements féminins à travers son personnage " Ziggy Stardust " qu'il finira par tuer sur scène en jouant " Rock'n'roll Suicide ". Ce rock théâtrale est à présent un véritable spectacle et la mise en scène est extrêment travaillée, du décors aux lumières en passant par les costumes. Parmis les principaux évènements on trouve les premiers pas de Neil Armstrong sur la lune qui influencèrent beaucoup Bowie. Avec Elton John, le synthé trouve sa place dans le rock et y apporte le côté dansant. Sur le plan vestimentaire, c'est le sous-genre le plus productif avec toute une nouvelle façon de s'habiller pour les hommes ( maquillages, paillettes et strass, pantalongs moulants etc... )  

        

 

            Apparus vers la fin des années 1960 sous l'influence de Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Black Sabbath, Blue Cheer, et Deep Purple, entre autres, le hard rock et le heavy metal proposent un rock plus agressif et violent, avec batteurs-cogneurs, guitaristes virtuoses et chanteur-hurleur. Tout comme le punk, la composante hard rock profite, elle aussi, très largement de l'ouverture des studios. Conséquence logique de cette multiplication des enregistrements : l'apparition de nombreux sous-genres. Les groupes de hard rock les plus connus sont Guns N' Roses, Van Halen, Scorpions, Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, Aerosmith, Kiss, Alice Cooper, AC/DC, Mötley Crüe et Motörhead. Jadis, hard rock et heavy metal étaient deux synonymes(aux États-Unis et en Angleterre on parlait plus de heavy metal alors qu'en France, le grand public utilisait le terme Hard Rock, le terme Heavy Metal étant utilisé uniquement par les spécialistes) (heavy metal venant d'un journaliste de The New York Times à propos du Purple Haze de Jimi Hendrix), mais depuis la fin des années 1990, une scission s'est produite. Le vocable « heavy metal » est en effet redéfini par le journaliste Lester Bangs du magazine Creem.Vers la fin des années 1970, le genre se radicalise avec un accent croissant placé sur la virtuosité et la vitesse d'exécution en particulier du guitariste solo et du batteur, des ambiances pesantes (Ozzy Osbourne).

Cette fois-ci, la remise en cause est religieuse: les textes sont inspirés par l'occultisme ou le satanisme surtout chez AC/DC ou Black Sabbath, qui remettent en question l'idée d'un messie ou d'un être suprême. Des mouvements catholiques chercheront même à faire interdire un concert d'AC/DC en prétendant qu'il s'agit du groupe du diable. La formation d'Angus Young étant connue pour ses morceaux tels que " Highway to Hell ". D'autres personnalitées telles que Ozzy Osbourne dont le style lui donne un air de Prince des Ténèbres, choquent par leurs comportements, ce dernier ayant été jusqu'à décapiter des chauves souris avec les dents en plein concert. Un autre groupe, anglais cette fois, Iron Maiden se surnommant " The Beast " en référence à la bête de l'apocalypse. Les britanniques connues pour leur très haut niveau musicale, sortant un titre appelé " 666 the number of the beast " n'est pas beaucoup plus apprécié par la population catholique.

D'autres sous-genres naissent du Hard Rock tels que le Glam Metal de Kiss dont les tenues sont révolutionnaires ( vêtements de supers héros, étoiles noires autour des yeux, figure peinte en blanche...), le thrash metal de Metallica, le death metal de Cannibal Corpse qui parle de suicide, de meurtres de catholiques, et plus tard le Nu Metal de Korn qui est beaucoup plus commercial. Les fans aiment porter des treillis millitaires, des grosses chaussures, des cheveux très longs, des débardeurs et se caractérisent souvent par leur taille et leur physique non négligeable.   Désormais adulte, le rock s’est installé au cours des années 1970 dans un rythme de croisière que les punks anglais ont fait voler en éclats. Les années 1980 s’ouvrent donc sur la promesse — rapidement déçue — d’un recommencement.Les années 1980 révèlent le brassage de plusieurs genres qui se dissocieront vite de la représentation rock antérieure, mais elle comporte également bon nombre d'artistes qui feront vivre le rock, tout en le faisant évoluer.Alors que la branche du hard rock se "métallise", radicalisant son discours sous une avalanche de décibels, une accélération effrénée du tempo et une saturation qui repousse les limites de l'audible, le courant majeur s'assagit et se rapproche de plus en plus de la pop. Dire Straits incarne ce rock serein, aux guitares d'orfèvres et aux textes ciselés mais dont la fièvre est retombée, ou bien encore les irrévérencieux The Smiths, conduits par le parolier Morrissey (même si celui-ci continue d'écrire des textes engagés, sa voix ramène à des sonorités pop). Si quelques uns dont U2 ou R.E.M. tentent de raviver une démarche engagée, c'est plutôt aux frontières du rock, comme dans le métissage avec le funk de Michael Jackson ou de Prince que l'exploration musicale se poursuit, alors mise en avant par la chaîne musicale MTV. Là aussi certains groupes s'opposent à des phénomènes récents dans leurs textes comme Bono le chanteur de U2 dans le tube interplanétaire " Sunday Bloody Sunday " où il critique les combats qui s'vissent au sein de la Grande-Bretagne. D'autres groupes ecrivent sur les inégalités, la pauvreté et les injustices sociales. Mais la crise des années 60-70 a fait son temps, et les protest songs sont de plus en plus rares. Le rock des années 80 s'inspirant beaucoup de ses ancêtres, en y ajoutant quelques touches pop. C'est l'apparition de la pop star ( Michael Jackson ) qui à pour atouts ses pas de danses, et ses qualités de chanteur. Le style vestimentaire se modernise quelque peu sans pour autant connaître une grande évolution.  

 

 

 

Rap, Hip-hop:

         

    Le Hip-Hop est un mouvement culturel et artistique qui est apparu aux États-Unis  dans les ghettos new-yorkais au début des années 1970 dans un but festif et revendicatif. Grâce à son étention rapide notamment aux Etats-Unis et en Europe, le Hip-Hop devient l'un des plus grands moouvements artistiques de notre époque. Elle connaît quatre expressions principales : le DJing, le MCing, le b-boying ou break dancing et le graffiti né quelques temps avant l'arrivée du hip hop. Son expression musicale étant bien évidemment toujours la plus connue: par exemple, Clive Campbell, fils d'immigré jamaïcain installé dans le quartier du West Bronx, est le premier à avoir eu l'idée de brancher deux turntables (« tourne-disques ») diffusant le même morceau en décalé de sorte que le rythme, donné par la ligne de basse, est rallongé. La danse hip-hop apparaît avec le breakdance, une danse caractérisée par son aspect acrobatique et ses figures au sol

       

        

 

            La musique RAP s'inscrit à la fois dans la continuité et la rupture avec la musique noire américaine.

En continuité manifeste parce qu'elle est la lointaine héritière des complaintes sur les conditions de vie des Afro-américains (work songs, negro spirituals), de la tradition de l'improvisation apparue avec le ragtime puis le jazz, et des dialogues musicaux (call and response) présents dans le blues.Plus directement, la musique hip-hop est issue de la soul tardive (Gil Scot Heron), et du funk (James Brown, Isaac Hayes), sans oublier la poésie/musique proposée au début des années 1970 par les Last Poets. Cette lignée musicale nord-américaine est alors croisée avec le dub et les sound-systems jamaïcains, qui proposaient des versions instrumentales des standards du reggae jouées à l'occasion dans des fêtes organisées en Jamaïque, et arrivés dans les ghettos new-yorkais en raison de la forte immigration provenant de la Jamaïque vers les Etats-Unis (les trois pères fondateurs de la musique hip-hop sont d'origine jamaïcaine).

En rupture, toutefois, parce que la musique Hip-Hop n'a pas évolué de façon  "naturelle" ou "organisée" comme le funk ou des autres influences citées, créée par des musiciens de haut niveau dans un cadre de recherches personnelles (comme ce fut le cas pour le passage du jazz-blues-gospel à la soul, et de la soul au funk) mais la musique hip-hop, en raison des ces pratiquants noirs défavorisés et donc ne pouvant pas jouer d'un instrument, s'est approprié ces musiques évoquées précédement. Contrairement au jazz, à la soul ou au funk qui ne témoignaient que de façon incidente ou détournée des conditions de vie de la communauté noire américaine, le hip-hop se présente comme l'expression même de ces conditions de vie et se propose de "coller à la rue", c'est-à-dire de suivre les codes et relations qui règlent la vie des ghettos new yorkais. D'où l'inscription de cette musique dans l'ensemble culturel plus vaste mentionné plus haut, et l'attitude des hip-hoppers qui gardent le style vestimentaire de la rue (street-wear), le langage du ghetto (slang) et ses valeurs. Ce qui amène alorsun attachament  des hip-hopers à leur quartier: il y a alors un lien généralement solide avec les autres hip-hoppers issus du même lieu, provoquant la formation parfois de clan; cependant, la formation de clan dans les quartiers implique des rivalités entre quartiers  qui se règlent avec les couplets eux-mêmes.         

 

    

        En 1997-1998, le mouvement hip-hop a énormément évolué: en effet, on constate que la dance par exemple à presque disparu. Euls restent les compétitions et les textes mais qui sont beaucoup revendicatifs, construits et qui parlent de la vie quotidienne. Dans le monde, on assiste alors à une véritable explosion de rap: de nombreux groupes de rap se forment en s'inspirant du modèle américain.

 En 2002, on a pu situer, par exemple, le rap français et le rap américain: l'explosion du rap étant terminé, les groupes se renouvellent mais aucun nouveau crew n'a été formé. Par conte, c'est au niveau du son où le rap change: en effet les instuments sont plus électriques et le rythme est accéléré. On observe aussi que les textes portent moins de messages, ils sont remplacés par la présence de la violence qui s'impose: le rap français se dirige vers le "gangsta rap" comme les Américains 10 ans plus tôt alors que ceux-ci sont dans une phase appelée "star sytem" dans laquelle les rapeurs gagnent des sommes inimaginables en prenant la "grosse tête" et marquent à cause de certains la décadence de l'image du rap (violence des rapeurs mal perçue,...)              

 

 

 

 

 


 


 

Un langage universel: des universaux aux invariants musicaux

 

 

 

    Le violoniste, auteur compositeur Didier Lockwood définit la musique comme étant « un langage maternel et universel ». Selon lui elle est un objet de communication, au-delà des mots. Comme un enfant qui communiquerait avec sa mère sans même savoir parler, la musique a son vocabulaire et ses particularités. En effet, la musique ne relève au départ, non pas d’un procédé intellectuel, mais bien d’une ambition de communiquer, de transmettre des émotions, une envie de se rassembler et des partager sa culture.

La musique est un trait humain, comme le langage. Toutes les cultures produisent de la musique et y sont sensibles.

Mais, la musique est-elle une langue unique qui pourrait être comprise de tous ?

Pour aborder cette question, il convient tout d’abord d’examiner les points communs existants entre les différentes musiques du monde : les universaux musicaux.

En voici quelques exemples majeurs mais non-exhaustifs :

 

- Nous pouvons dire, d’un point de vue social général, que la musique :

 • Se trouve dans toutes les sociétés comme phénomène acoustique

• Est destinée à être écoutée plus qu'à être lue

• A un fondement culturel ou sociologique

• Connaît des formes vocales

 

 

- Du point de vue des caractères acoustiques, la musique :

 • Se compose des éléments acoustiques fondamentaux : hauteur, durée, intensité et timbre

• Est réglée par des préceptes et conventions touchant à la structure, la grammaire et la syntaxe de la musique, mais qui ne sont pas des règles universelles

 

 

 Par ailleurs, certaines structures musicales sont présentes quelle que soit la culture : on parle d’invariants musicaux.

Il s’agit notamment de la distance variable entre les notes, du nombre de notes par octaves (entre cinq et sept) ou de l’organisation des hauteurs des notes. En revanche, le nombre de notes et la façon dont elles sont accordées peuvent varier en fonction de la culture.

 

En guise d’exemple, voici la comparaison de deux gammes : une gamme occidentale et une gamme orientale : la gamme de do majeur et la gamme de rast.

Le tableau qui suit est un récapitulatif de la distance en quarts de ton d’une note par rapport à la note initiale

    

 

Occidentale                

Orientale                          

Do : 0

Rast:0

Ré : 4

Doukah : 4

Mi:8

Sikah:7

Fa:10

Jiharkah:10

Sol:14

Nawa:14

La:18

Housaini:18

Si:22

Ouj:21

Do:24

Kirdan:24

 

   

Nous constatons immédiatement que certaines notes sont identiques.

En effet, si vous jouez donc sur une gamme majeure, sans employer les notes Mi et Si, alors vous serez sur une gamme Arabe.

Par ailleurs, le patron mélodique est défini par les hauteurs des notes qui montent et qui descendent.

On peut également noter que la mesure est la pulsation de référence de la mélodie, ou que le tempo est la vitesse d’exécution d’une mélodie aussi bien pour une gamme que pour l’autre. Il y a donc de nombreux points communs ou invariants entre ces deux gammes pourtant géographiquement éloignées.

 

 

Il y a donc de nombreux points communs entre la musique des différentes cultures du globe. On peut par ailleurs soulever l’hypothèse suivante : la Musique serait un des composants de l’Homme à part entière, au même titre que le langage articulé, mais ayant comme différence avec ce dernier qu’il pourrait être compris ou du moins ressenti par tous.

C’est en cette nuance que repose la problématique du langage universel de la musique : est-ce que le fait de communiquer par le biais de sentiments, d’émotions… qu’évoque la musique rentre dans la définition (au même titre que la communication olfactive) d’une langue ou du langage ?

Cette question reste ouverte car encore une fois, la définition du mot langage reste subjectif à tous, propre à chacun.